Julien, l’a-Doré !

 

Je reviens du concert de Julien Doré à l’Arena de Genève, les oreilles et les mirettes toutes à la joie du moment passé en (presque) tête-à-tête avec lui…à tel point que je me suis dit que ce Coco méritait bien que je m’attarde un peu sur son cas avec vous…

Comment vous l’expliquer ? Julien Doré et moi, on ne peut pas dire que ça ait été le coup de foudre au premier regard…ni à la première écoute. Lorsqu’il apparaît sur nos écrans de télévision dans une célèbre émission de télé-crochet et plus tard lorsqu’il fait paraître ses deux premiers albums, je n’accroche pas…du tout. Je trouve même à ce jeune homme un petit côté exaspérant, cet air qui semble nous dire « Eh, regardez, je fais mon intéressant, je chante des chansons de lolita, vous trouvez ça avant-gardiste, je vous souris en coin  mais en réalité je me fous de vous… »

Ce côté volontairement voire forcément décalé me passe à des kilomètres au-dessus. Pendant longtemps, je ne comprends pas ses chansons, son Bichon, ses Kiss Kiss et autres Ersatz. Et on ne parlera même pas de la barrette dans les cheveux – que  lui-même ne doit plus comprendre aujourd’hui d’ailleurs !

Et ainsi j’ai vogué bien loin de l’univers de Julien Doré durant des années, imperméable aux amis qui me disaient que c’est pourtant vachement bien ce qu’il fait l’garçon…!

Alors avec tout ça, je ne vous dis pas la mini révolution lorsque, dans ma voiture,  j’entends pour la première fois « Paris-Seychelles ». D’abord accrochée par le refrain entraînant, je monte le volume pour tenter de deviner qui se cache derrière ce morceau prometteur…et là, bim ! damned ! Je reconnais la voix de ce cher Julien…Aussitôt, je me questionne : quoi ? comment est-ce possible ? aurait-il enfin grandi et fini de rigoler tout seul de ses pitreries ? Ce morceau est bon, très bon, tout ce que j’aime ! Re-damned…! Le Julien vaudrait-il la peine d’être écouté sérieusement ?!?

J’ai donc écouté, attentivement, studieusement, me disant que c’était sans doute moi qui devait me remettre en question. Et au final, j’ai aimé, beaucoup, extraordinairement beaucoup ! Il a enfin capté mon attention, j’ai enfin perçu l’univers, même si je n’ai pas encore totalement percé tous les mystères.

On peut donc dire que ce fut LØVE « at second sight » entre toi & moi, Julien ! Mais désormais j’ai embarqué sur ton bolide et je suis prête à te suivre là où tu emmèneras ton public…

Il faut dire en effet qu’accepter de suivre Julien Doré, c’est la promesse de faire de nombreux et beaux voyages, celle de découvrir des contrées nouvelles, proches ou lointaines, de respirer les embruns marins et lacustres, de sillonner les grands espaces en espérant y croiser loups, corbeaux, lionnes et apaches. Suivre Julien Doré, c’est aussi se déhancher sur la plage, humer le parfum des magnolias et des roses, susurrer des mots d’amour en italien, écouter le bruit des rivières, accepter le silence des montagnes et s’arrêter parfois pour se lover dans un cocon douillet ou rêvasser assis sur une chaise à bascule.

Julien Doré, c’est la promesse d’un monde poétique, entre moments légers et torturés, romantiques et rock’n roll, éphémères et tatoués. Aimer Julien, c’est enfin  la promesse d’escapades cheveux au vent, de sourires ravageurs et de temps suspendus à sa voix qu’on adore entendre murmurer à nos oreilles.

©lesfillesetincelles 2017

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